Carence maternelle en fer : facteur derisque d’autisme  


INTRODUCTION.


Quand on parle de troubles envahissants du développement, ou de façon plus spécifique
d’autisme, les stipulations vont bon train quant aux causes, et c’est compréhensible étant
donné toutes les hypothèses avancées. Pour ce qui est du diagnostic, il n’est pas toujours
facile à faire, parce que les symptômes des troubles envahissants du développement
ressemblent étrangement à certaines déficiences intellectuelles ou retards sévères de
maturation. Par ailleurs, le corps médical n’est pas toujours suffisamment formé pour en faire
le dépistage de façon indubitable, surtout que les tests développementaux utilisés de routine
lors de la visite chez le pédiatre ne permettent pas de détecter les symptômes liés au profil des
troubles envahissants du développement.
Que sait-on des causes des de troubles du spectre de l’autisme (TSA)? Une partie de
l’augmentation de la prévalence des TSA est attribuable à des facteurs identifiés, notamment,
un meilleur diagnostic. Aujourd’hui, davantage d’enfants qui ont un TSA sont diagnostiqués,
et leur diagnostic est posé à un plus jeune âge. Ensuite, il y a l’augmentation de l’âge maternel
et paternel, (1) aussi certaines avancées scientifiques récentes suggèrent que l’exposition à
certains contaminants environnementaux(2) ou certains pesticides puisse aussi augmenter le
risque de troubles du spectre de l’autisme(3), qui sont des facteurs de risque documentés pour
les TSA. Or, ces facteurs permettent seulement d’expliquer une fraction de l’augmentation
observée de la prévalence des TSA.
Ces troubles sont un diagnostic qui désigne un ensemble de troubles du développement qui
touchent un nombre grandissant d’enfants. L’accroissement de la prévalence d’enfants
diagnostiqués avec un TSA est inquiétant. Selon les meilleures estimations actuelles de la
prévalence des TSA, les taux dérivés des études publiées en anglais au cours de la dernière
décennie montrent que la prévalence actuelle de l’autisme est d’environ 20 à 30 sur 10 000
individus, alors que la prévalence de l’ensemble des TSA est d’environ 90 à 120 sur 10 000
individus. (4.5.6.7) une revue systématique récente ayant inclut une représentation plus
diversifiée d’estimation de la prévalence à l’échelle mondiale présente des chiffres similaires.
(8). Pourtant, les familles touchées aimeraient bien comprendre ce qui explique que leur
enfant soit différent. Par ailleurs, on sait que certains gènes prédisposent aux TSA, mais les
caractéristiques génétiques d’une population ne changent que très lentement. Ainsi, il n’est
pas possible d’expliquer l’augmentation observée au cours des 20 dernières années par la
génétique.
Par ailleurs, les enfants avec un TSA présentent des signes comportementaux très tôt dans la
vie. (9) Ainsi, la majorité des scientifiques pensent que les causes des TSA doivent être
cherchées parmi les évènements se déroulant pendant la période prénatale (10) soit une
influence de la nutrition gestationnel (11.12). Une autre chose qui fait consensus est que
l’étiologie des TSA est multifactorielle.
Afin de diminuer l’incidence de l’autisme, une attention particulière devrait être portée sur
l’état de santé de la mère, que ce soit dans la période de préconception ou durant la période de
grossesse. Lorsque consommés durant la grossesse, certains médicaments peuvent augmenter
dramatiquement le risque de TSA. (13). Une autre étude a montré que les enfants de femmes
ayant pris de l’acide valproïque pendant leur grossesse étaient sept fois plus à risque de
développer un TSA. (14)
Donc une évaluation de l’état nutritionnel de la mère avant et pendant la grossesse serait très
utile. Ainsi certain carence pendant la période de développement in utero, peut causer des
problèmes neuro-développementaux. Ces effets peuvent se manifester par des déficits
cognitifs causant des difficultés d’apprentissage, des troubles neuro-moteurs, ou des troubles
neurocomportementaux.(15) Notre objectif est d’élucider le risque de donner naissance un
enfant autiste en cas carence maternel en fer.
Matériels et méthodes (16)
Une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut MIND (Medical Investigation of
Neurodevelopmental Disorder) à l’Université de Californie, publiée en 22 septembre 2014
dont les résultats sont parus dans l'American Journal of Epidemiology,
l'étude menée auprès de paires mère-enfant participant à la Childhood Autism Risks from
Genetics and the Environment (CHARGE) dont des mères d’enfants diagnostiqués de TSA et
346 mères d'enfants avec développement normal.il a porté sur 520 paires de mères d’enfants
autistes et 360 mères d’enfants non autistes. Les chercheurs ont étudié le dossier médical des
participantes pendant six ans, avant et après l’accouchement. Trois mois avant la conception
de l’enfant jusqu’à l’accouchement, les chercheurs ont suivi l’apport en fer de ces femmes
(viande, poisson, céréales, crustacés, supplément en fer)
Les enfants admissibles comprennent ceux qui étaient âgés de 24-60 mois, était né en
Californie, vivaient avec au moins 1 parent biologique qui parlait anglais ou en espagnol, et
de séjourner dans l'une des zones sur une liste spécifiée de « California Department of
Developmental » Services régionaux centres qui coordonnent les services pour les enfants
atteints d'autisme et de retard de développement.
Les enfants ont été exclus si elles avaient des déficiences qui empêcheraient une évaluation du
développement en cours de validité. Les enfants atteints de syndromes génétiques ne sont pas
exclues si elles ont rencontré d'autres critères d'inclusion.
Les informations ont été recueilli à partir de 3 mois avant la grossesse et tout au long de la
période de grossesse auprès des mères sur ses consommation de multi-vitamines, les
vitamines prénatales, des vitamines spécifiques du fer, les céréales et autres suppléments. A
partir de ces informations, les chercheurs ont calculé l'apport quotidien moyen de fer (et
d'autres nutriments) pour chaque produit, pour chaque mois et pour chaque femme.
Les apports en fer ont été assignés à chaque marque / produit basé sur des informations
obtenues auprès du fabricant; si cette information était pas disponible, un montant forfaitaire a
été attribué sur la base du montant le plus couramment dans des produits similaires.
Pour ce qui concerne les analyses statistiques, les auteurs ont utilisés le logiciel SAS pour
traiter les données obtenus
Résultats et discussions
En étudiant la relation entre l’apport en fer chez la mère et le développement du fœtus,
l’équipe a été en mesure de cerner les périodes critiques de gestation et la vulnérabilité du
système nerveux central.
Les chercheurs ont établi que la période critique commence dans les semaines qui précèdent
la conception et s’étend durant le premier trimestre et au début du second trimestre. La
carence en fer qui commence dans le troisième trimestre ne semble pas nuire au cerveau en
développement. (16)
Au terme de l’étude, les chercheurs ont constaté que les femmes ayant un apport de fer
important étaient celles dont les enfants n’étaient pas autistes, et que jusqu'à 50 pour cent des
femmes et de leurs enfants présentent une déficience en fer. « Le fer est essentiel au
développement du cerveau, notamment en ce qui concerne la production de
neurotransmetteurs, la myélanisation et le système immunitaire, trois facteurs en lien avec
l'autisme », explique Rebecca Schmidt, l’auteur principal de l’étude. (16)
Les bébés carencés en fer montrent des anomalies cérébrales, comme une plus grande
lenteur dans le développement et l’apprentissage.(16) Mais jusqu’à présent, les chercheurs ne
connaissaient pas l’association entre le degré de carence en fer pendant la grossesse et ces
troubles, et qu’en particulier, c’est sur le système nerveux central que la carence durant la
grossesse, a le plus d’impact.
La conclusion de l’analyse est: Un faible apport maternel en fer est associé à un risque
multiplié par 5 d’autisme chez l’enfant lorsque la mère est âgée de 35 ans ou plus au moment
de la naissance de l’enfant ou lorsqu’elle souffre de troubles métaboliques tels que l’obésité,
l’hypertension ou le diabète. La Dr Rebecca J. Schmidt, précise les groupes de mères les plus
concernées. Ainsi, cette association est particulièrement forte en cas de carence pendant
l’allaitement, et même après ajustement pour l’apport en acide folique.
En utilisant des tests non invasifs ABRA (auditory brainstem response analysis) qui
permettent de détecter la vitesse de déplacement des informations de l’oreille au cerveau, les
chercheurs ont réussi à mieux comprendre les déficiences ou les changements dans
la myéline, la matière qui responsable à l’augmentation de transmission des influx nerveux et
par conséquent nécessaire au fonctionnement normal du cerveau.
Les auteurs de l'étude ont aussi rapporté, dans une étude précédente, un lien entre la
complémentation en acide folique (vitamine B9) et le risque d'autisme. Le lien a par la suite
été confirmé par d’autres études. (D’après Anne-Marie Brocas et Sandrine Danet, Rapport
2011. L’état de santé de la population en France - Suivi des objectifs annexés à la loi de santé
publique)
Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Rochester, publiée dans
la revue scientifique PloS ONE en 2011, une carence en fer en début de grossesse pourrait
avoir un effet profond et durable sur le développement du cerveau de la mère et l’enfant.
Conclusion et recommandations
Cette étude fournit la preuve initiale d'une association entre l'augmentation de l'apport
en fer supplémentaire maternelle et réduction du risque de TSA. Les chercheurs devraient
tenter de reproduire cette association dans des études supplémentaires et de définir plus
précisément qui est métaboliquement sensibles, faire éclaircir la dose idéale en fer pour le
développement neurologique pendant la grossesse et l'allaitement, et d'identifier et d'affiner
les stratégies de prévention des TSA par apport en fer supplémentaire.
Il reste encore beaucoup à faire avant que les scientifiques comprennent précisément
les causes des TSA, mais les progrès se font rapidement et permettent d’espérer que des pistes
de solution concrètes puissent bientôt émerger. Alors d’autres recherches sont nécessaires
pour confirmer ces découvertes, celles-ci renforcent la pratique courante de prendre la dose
recommandée de supplémentation en fer


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