L'ornithorynque
est le seul mammifère venimeux.
Ornithorynque (Shaw 1799) – Ornithorhynchus
anatinus
·
Ordre
: Monotrema
·
Famille : Ornithorhynchidae
·
Genre
: Ornithorhynchus
·
Longévité : 15 à 17 ans
Description
de l’ornithorynque
L'ornithorynque est un animal qui défie les lois de la
biologie. Une véritable chimère toute droite issue des anciennes légendes. Il a
adopté l'apparence d'une loutre dont il possède le pelage souple et doux, même
si les scientifiques l'assimilent davantage à un castor du fait de sa queue
plate, qui lui sert autant de gouvernail que de réserve de graisse. Il affiche
la taille d'un chat domestique. Son poil dense de teinte brunâtre sur la partie
supérieure et les flancs, et grisâtre sur le dessous, permet d'emprisonner l'air
afin de l'isoler du froid. Il possède de courtes pattes dont les palmes sont
plus développées aux postérieures. Elles ont la faculté de se rétracter
lorsqu'il sort de l'eau afin de pouvoir mieux se déplacer à terre. Les pattes arrière des juvéniles et des mâles sont
équipées d'un ergot venimeux qui s'atrophie chez la femelle. Les antérieures sont destinées au
fouissage. La tête se prolonge par un appendice corné qui ressemble à un bec de
canard. Les yeux et les oreilles presque indiscernables sont placés
dans une rainure à l'arrière du bec, de part et d'autre du crâne. Les narines, quant à elles, sont placées à l'extrémité supérieure
du bec. Lorsque l'animal plonge, une membrane vient fermer ces organes pour les
protéger, ce qui le rend sourd et aveugle en plongée. Comme ses pattes sont
disposées de part et d'autre du corps, et non en dessous comme les autres mammifères, les déplacements au sol de
l'ornithorynque lui confèrent la démarche d'un grand lézard. Le monotrème possède d'ailleurs anatomiquement une
particularité qui le rapproche des reptiles, à savoir une ceinture scapulaire présentant un os
surnuméraire : une interclavicule.
Ornithorynque à l'aquarium de Sydney. ©
Stefan Kraft, Wikipédia, GNU 1.2
Habitat
de l’ornithorynque
L'ornithorynque est un animal
semi-aquatique que l'on trouve essentiellement dans les rivières froides, les
billabongs (bras morts d'un cours d'eau qui a changé de cours), les étangs et
les lacs de faible profondeur aux rives escarpées de l'est du continent
australien et de Tasmanie. Il a une prédilection pour les berges plantées d'arbres aux racines profondes entre lesquelles il creuse son
terrier. Il lui faut également de la végétation en surplomb ou des roseaux afin
qu'il puisse s'y sentir en sécurité. Certains groupes peuvent évoluer jusqu'à
plus de 1.000 mètres d'altitude. Le monotrème craint la sécheresse et ne vit que le long de plans d'eau
permanents.
Comportement
de l’ornithorynque
L'ornithorynque est un animal solitaire
dont le territoire varie selon qu'il se trouve sur un lac ou le long d'une
rivière. Ce dernier sera plus vaste et pourra atteindre sept kilomètres de
long. Il est surtout actif au lever et au coucher du soleil et passe le plus clair de son temps dans l'eau à la
recherche de nourriture. Sous l'eau, il repère ses proies grâce à des
électrorécepteurs situés sous la mâchoire, dans la partie caudale de la peau du
bec, et des mécanorécepteurs assurant le sens du toucher sur l'ensemble de la
surface de l'appendice corné. La durée moyenne de plongée est d'une trentaine de secondes à
une moyenne d'un mètre, bien qu'un record de huit mètres ait déjà été constaté.
Il émet quelques sons discrets, mais leur rôle dans une éventuelle
communication avec ses semblables n'a pas encore été mis en évidence. Lorsqu'il
se déplace dans l'eau, il utilise uniquement ses pattes antérieures en un mouvement alterné pour avancer. Il se sert des
pattes arrière et de sa queue pour se diriger. Bien qu'il évolue dans une eau
dont la température moyenne est de 5 °C, l'ornithorynque est un animal homéotherme qui parvient à maintenir sa température corporelle interne à 31 °C. Actif toute l'année, il
a besoin de se nourrir quotidiennement.
Dans certaines contrées telles que l'État
de Victoria, l'eau atteint parfois la température de gel,
et les proies se font alors plus rares. Elles s'enfoncent plus profondément
dans la vase ou les graviers. L'ornithorynque peut alors jeûner quelques jours
en puisant dans les réserves de graisse accumulées dans sa queue. Ses
principaux prédateurs sont les dingos, les varans goannas, les rakalis qui sont des rats
d'eau australiens et quelques rapaces. Il est parfaitement capable de se défendre : ses
pattes postérieures sont équipées d'un ergot relié à une glande à venin. Ce venin n'est pas mortel pour l'Homme, mais est
capable d'infliger d'insoutenables douleurs pendant quelques jours. Lorsqu'il n'est pas dans
l'eau, il se repose dans son terrier dont la longueur varie entre 5 et 10 m de
long. Les galeries de mise bas sont encore plus longues et peuvent s'élever de
plusieurs mètres pour se mettre à l'abri des crues. Mais cela ne suffit pas
toujours, car il arrive fréquemment que les berges soient emportées par le
courant.
Reproduction
de l’ornithorynque
Après l'accouplement qui se déroule dans l'eau, la femelle
amasse des feuilles dans la loge où elle mettra bas, après avoir refermé le
tunnel de l'intérieur. Après deux à quatre semaines de gestation, elle pond de deux à trois œufs. Pour les
couver, la mère se roule en boule et les maintient au chaud contre son ventre à
l'aide de sa queue. Au terme d'une incubation d'une douzaine de jours, les
bébés ornithorynques, dont la taille n'excède pas 16 mm, éclosent nus et
aveugles. Ils sont allaités pendant trois à quatre mois. La femelle ne possède
pas de mamelons mais des fentes dans la peau. Le lait dont se nourrissent les
jeunes suinte le long des poils de son ventre. Les juvéniles quittent le
terrier pour la première fois avec leur mère vers trois mois et demi. Ils sont
alors sevrés et mesurent une petite quarantaine de centimètres, soit 80 % de
leur taille adulte. Ils atteignent leur maturité sexuelle vers deux ans, mais semblent n'être aptes
à la reproduction que vers la quatrième année.
Régime
alimentaire de l’ornithorynque
L'ornithorynque se nourrit essentiellement
de larves d'insectes, mais aussi d'autres invertébrés tels que crustacés, œufs de poissons ou d'amphibiens, mais aussi d'alevins, de têtards et de mollusques qu'il débusque sous les pierres en
sondant le fond. Il doit ingurgiter 20 % de son propre poids journellement, ce
qui lui impose de passer une douzaine d'heures dans l'eau. Il stocke ses prises
dans ses poches jugales et les ingère après être remonté à la surface. Il se
met alors sur le dos et
broie ses proies en s'aidant de sa langue et des plaques cornées de son bec.
Menaces
sur l’ornithorynque
Les populations d'ornithorynques ne sont
pas menacées dans leur ensemble, mais certaines ont disparu du fait de la
fragmentation de leur habitat due aux activités humaines. Les scientifiques ne peuvent réellement
estimer les effectifs actuels du fait de la difficulté d'accès de leur habitat.
Mais il est à craindre que la pollution, l'irrigation, la pêche illégale au filet, la circulation automobile et le piégeage pour la chasse fragilisent
l'espèce dans les années à venir.
Le
saviez-vous ?
Il y a une quinzaine de millions d'années
évoluait en Australie un ornithorynque géant (Obdurodon tharalkooschild) qui aimait
apparemment se nourrir de tortues. Alors que l'espèce actuelle n'en possède pas, les
mâchoires du monotrème du miocène étaient équipées de dents, dont une incisive vient
d'être découverte dans la zone fossilifère de Riversleigh par Rebecca Pian.

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